renseignements sur les activitées des rencontres esperantistes
ELISABETH LE DRU
. La voix est chantante, les sonorités chaleureuses. Hier matin, Élizabeth Le Dru animait le premier cours des
débutants inscrits aux rencontres internationales de l'espéranto de Plouézec. Chantal, Sheila, Évelyne et Clémence, attablées devant un tableau d'écolier, font partie de la centaine de stagiaires
présents pour la semaine. Ils sont tous réunis autour d'une langue créée de toutes pièces à la fin du XIX e siècle : l'espéranto. « Mes enfants se sont moqués de moi quand je leur ai dit que je
venais ici », rapporte dans un sourire Évelyne, spécialement venue du Limousin.
Pas de conjugaison
Qu'importe, cette jeune retraitée est venue pour faire fonctionner ses neurones. « Il paraît qu'apprendre une
langue étrangère permet d'éviter la maladie de Alzheimer, alors pourquoi pas. Une amie est espérantiste depuis 10 ans, c'est elle qui m'a encouragée à m'y mettre », raconte l'ancienne
enseignante. Alors c'est parti. Élizabeth Le Dru, médecin et professeur pour la semaine, commence directement sa leçon en parlant en espéranto. De quoi comprendre rapidement des règles basiques :
les verbes n'ont pas besoin d'être accordés puisqu'il n'y a qu'une conjugaison par temps, et en déclinant le radical d'un mot on obtient assez simplement un nom, un adjectif ou un complément
d'objet.
Pour les voyages
« On retrouve des racines latines ! » commence à apprécier Chantal, écrivain. Pour Évelyne, ce sont les
ressemblances avec l'italien qui lui parlent le plus. « Je pense que ça peut m'aider pour l'espagnol et l'anglais », estime quant à elle Clémence, 17 ans. Au bout de deux heures de cours, la
langue paraît déjà moins étrangère. Alors, facile ? « Attention à la prononciation, avertit la professeure, toutes les lettres se prononcent. En cas d'imprécision, c'est l'incompréhension. » «
Quand on lit ça va, mais quand on me parle, je ne comprends rien ! », confie Chantal, qui se familiarise tout juste avec l'espéranto.
« Langue pont »
Justement, de quelle manière cette langue va-t-elle réellement leur servir ? « Au fil de mes voyages, je pourrai
trouver des gens qui parlent espéranto et faire des rencontres grâce à ça », envisage Clémence, la jeune lycéenne sarthoise. Pourtant, difficile d'estimer le nombre de locuteurs de l'espéranto.
Les chiffres courent de 3 à 10 millions. Alors, pourquoi ne pas préférer l'anglais ? « J'aime l'idée que ce soit une langue neutre, qui oblige tout le monde à faire un petit effort pour
l'apprendre. C'est un pont qui lie les hommes par-dessus tout, sans que quelqu'un ne soit supérieur dès sa naissance », argumente Élizabeth Le Dru.
L'espéranto figure même dans le cadre européen des langues ; un signe de reconnaissance
encourageant.